Povera

Des objets en collants usagés.

 

Environnement

Povera fabrique l’ensemble de ses produits à partir de collants usagés, prêts à être jetés.

Patriotisme économique

Povera fabrique l’ensemble de ses produits en France.

En quoi Povera répond à différentes éthiques?

Mon action principale, au cœur de mon activité, est l’éthique environnementale avec la méthode d’upcycling que je mets en place pour collecter ma matière première (les collants polyamide usagés) jugée prête-à-jeter et qui serait brûlée ou enfouie si je n’agissais pas. A mon niveau, j’évite une pollution en fin de vie du déchet collants dans la nature. Depuis mai 2018 et le lancement du projet, j’ai sauvé plus de 3500 collants et je vois que mois après mois la collecte grandit. Je récupère environ 400 collants par mois maintenant contre une dizaine au début.

Je participe aussi à l’éthique du local en intégrant mon projet dans l’artisanat et le made in France. Aujourd’hui je travaille seule et donc je fais tout moi même et assez localement mais si je me développe je veux garder l’artisanat dans le projet en confiant la fabrication à des designers textile indépendant / artisans textile en France. Je tiens à conserver un savoir-textile local proche de Lille et Paris où je travaille.

Pourquoi Povera?

TRANSFORMER DES MATIÈRES PRETES-A-JETER EN OBJETS DURABLES ET DÉSIRABLES

Povera fait référence à l’Arte Povera : mouvement artistique italien débutant dans les années 60 qui utilise des produits pauvres, perçus négativement, et leur donne une valeur par leur transformation. Le but d’Arte Povera est de remettre en question l’industrie culturelle et, plus largement, la société de consommation. Comme ce mouvement, les produits Povera donnent une seconde vie à des résidus. La première ligne (la 6.6) s’intéresse au cas des collants polyamide usagés en les collectant puis transformant en nouveaux objets pour ainsi remettre en question l’industrie textile et son système de (sur)consommation.

MAI 2018, DÉBUT DE L’AVENTURE

Cette première ligne nommée 6.6 (en référence au polyamide 6.6 utilisé par l’industrie des collants) se compose d’articles de mode et pour la maison. Elle a vu le jour en mai 2018, en même temps que l’ouverture de l’événement parisien «La Rue du Made In France» , où Povera a été exposée pour la première fois!

LA LIGNE 6 .6 EN DÉTAIL

Povera veut répondre au problème de la collecte des 104 millions de collants polyamide (plus connu sous le terme « bas nylon ») usagés jetés par an en France, soit 7 315 tonnes de déchets (le volume de 7 piscines olympiques). Aujourd’hui, il n’y a pas de solution de recyclage… au mieux les collants servent comme combustibles solides de récupération ou en incinération énergétique (10% des collants jetés, ceux déposés en borne de collecte tel Le Relais, Emmaüs…). Bien souvent, ils sont enfouis, et mettent plusieurs dizaines d’années à se détruire (64% des collants jetés, ceux mis dans les ordures ménagères). Les 26% restants sont transformés ou gardés par les consommateurs.

Depuis Mai 2018, Povera a mis en place une filière de collecte et transforme les collants usagés en objets (10 bornes à Paris, Lille et Bruxelles). Ce sont plus de 3500 collants qui ont été sauvés depuis le lancement de la collecte. Le quart de tonne de collants est l’objectif de collecte d’ici la fin de l’année 2019 et il y a de grande chance qu’il soit atteint !

DES COLLANTS AUX OBJETS : SECRETS DE TRANSFORMATION

Après leur collecte, les collants polyamide usagés sont lavés et désinfectés, puis triés par couleur, texture, qualité et densité et découpés pour former une bobine de ruban. Ce ruban est d’un diamètre plus ou moins large en fonction de l’objet pour lequel il est destiné. Les collants sont découpés à la main pour le moment, une machine est en cours de développement pour rendre plus industrielle (et rapide) cette étape.

Ce ruban est ensuite tricoté, crocheté ou tissé à la main, de façon artisanale, pour créer bagues, bracelets, headbands, élastiques à cheveux , ceintures, suspensions florales, boucles d’oreille et éponges durables. Toutes ces étapes sont réalisées en France au sein des ateliers Povera à Lille et à Paris.

DES RENDEZ-VOUS PONCTUELS

En parallèle de la vente des produits, Povera organise ponctuellement des ateliers « Fais Danser Tes Doigts » pour apprendre des techniques artisanales textiles et fabriquer soi-même un objet. C’est une autre manière de partager le savoir-faire et d’échanger autour de la mode éthique et du réemploi.

LE SLOWDESIGN, UN ÉTAT D’ESPRIT

Ainsi, Povera est un état d’esprit, le slowdesign. C’est la croyance en l’artisanat durable, une forme de design qui met en avant l’éco-conception, l’éthique et les savoir-faire. Pour la marque, les Arts Plastiques et les Arts Appliqués vont de pair, c’est pourquoi le projet revêt ces deux aspects.

Povera c’est aussi un engagement, celui de rendre plus propre la mode en introduisant le surcyclage (upcycling en français) dans des domaines où il n’existe pas, comme celui des collants polyamide. Cette ambition est réalisée jour après jour avec bonne humeur, conviction, transparence et pragmatisme car reste toujours à l’esprit que Povera Slowdesign un peu David contre Goliath dans ce projet….

DIFFUSER LA SLOWFASHION

En achetant un produit ou en s’inscrivant à un atelier « Fais Danser Tes Doigts », on obtient une petite part de tout cela sous la forme d’un objet issu du design upcycling. On contribue aussi à la diffusion de la mode durable, la slowfashion, et à la mise en place d’un circuit de recyclage des collants polyamide usagés!

POURSUIVRE LA PÉDAGOGIE SOUS D’AUTRES FORMATS

Enfin, la marque a une forte activité de pédagogie (discussion lors des ventes éphémères et des ateliers, animation dans des associations autour de l’entreprenariat dans la mode durable, prise de parole lors d’événements…) pour rendre encore plus visible et accessible cette activité un projet d’illustrations (mettant en scène ces convictions sous formes de dessins et d’histoires) est en cours. Il sera édité sous forme papier comme roman graphique et affiches (sortie prévue pour les fêtes de fin d’année).

Qui se cache derrière Povera?

Engagée et drôle, Hélène (la fondatrice de Povera Slowdesign) a étudié pendant 6 ans le design de mode et textile puis elle a travaillé dans des maisons de prêt-à-porter comme styliste-graphiste. Particulièrement sensible au fait que la mode est la seconde industrie la plus polluante au monde elle choisit d’agir, à son niveau, en fondant Povera Slowdesign en mai 2018.
Elle se considère comme étant slow-designer mode et textile. Le terme « slow » a son importance car tous les designers n’ont pas cet engagement. Pour elle, être designer de mode, c’est être polyvalent, curieux et innovant. Être slow-designer de mode, c’est être designer de mode tout en étant attentif à l’économie circulaire, à l’environnement et à l’éthique.
Elle vit et travaille pour sa marque entre Paris et Lille. Elle aide aussi des marques de mode et de décoration sur des missions de style, de graphisme textile, de photographie et d’études déco-innovation.

Quel rapport entretenez-vous avec les consommateurs?

J’essaie d’être le plus transparente possible avec les consommateurs en expliquant sur mon site, et en direct lors de ventes éphémères, mon processus de fabrication.

Lors des ventes et sur les réseaux sociaux je suis attentive au retour des consommateurs et je crée en tenant compte de ces avis.

Sur quels éléments porte la transparence de votre entreprise?

Je suis transparente sur l’origine des produits et leur composition.

Pour moi la transparence me parait évidente et faisant partie de la confiance à créer entre une marque et ses consommateurs. La transparence c’est le fait de raconter son processus de création, de production, de commercialisation pour chaque produit et service. Expliquer toutes les étapes et les choix faits et pourquoi ont-ils été fait.

Comment sélectionnez-vous les entreprises avec lesquelles vous collaborez?

Je choisis les entreprises avec lesquelles je travaille en fonction de différents critères:

  • Ethique(s) qu’elles respectent
  • Qualité des produits
  • Proximité géographique.
Les labels vous semblent-ils importants?

Les labels me semblent intéressants et utiles si l’on connaît exactement leur sens. Étant donné qu’il y en a beaucoup, on peut être un peu perdu entre les matières GOTS, l’Origine France Garantie, le recyclable, le Fait en France…

De plus, être labellisé à un coût (assez élevé) pas toujours envisageable et adapté pour une petite marque.

Je pense donc qu’ils sont utiles mais que la transparence et la sincérité des marques l’est encore plus.

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